Archives pour mai 2018

44 – Alain Guy Clément au « 401″

« Voyage dans l’intranquillité »

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Dès l’entrée, on comprend que  le voyage que nous propose Alain Guy Clément sera effectivement  difficile et qu’il faudra abandonner le repos des images complaisantes et des « non-sujets »  convenus.

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La filiation du  tableau sectorisé « Arbre-Nature » de 2008 (cf ci-dessus) avec les grandes compositions religieuses tripartites, issues de notre culture occidentale,  est évidente et nous éclaire d’entrée : nous sommes dans un espace métaphysique  où naissance, vie, mort / paradis, monde terrestre,enfer, vont venir buter sur le questionnement personnel de l’artiste.
Chez Clément, c’est d’un voyage intérieur qu’il s’agit , celui de l’Homme au sein d’un monde terrifiant et imprévisible, d’océans agités, de  ciels d’orage, d’espaces herbeux instables, de grèves remplies de déchets et d’anges en déchéance. L’humain,  solitaire, ballotté par les vagues dans de frêles embarcations, cherche sa route à la croisée de «  chemins qui ne mènent nulle part ».
Le monde  de Clément part à la dérive.

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Cependant, près des arbres majestueux qui emplissent l’espace mouvant alentour, comme pour le stabiliser, des animaux familiers, « veilleurs »  doués d’une intelligence ou d’un sens qui fait défaut à l’homme, observent et réfléchissent. Calmement plantés sur le sol ou échappant à notre pesanteur, chiens, rats, oies ou vaches, cochons, oiseaux… sont là en contrepoids, pour nous ramener sur la rive.

Toute la force des  tableaux de Clément tient dans la technique magistrale, les transparences et recouvrements, la science des rapports de touches et de couleurs: chaque création est une sorte d’ organisme vivant, débarrassé de la bienséante enveloppe, palpitant et se tordant devant nos yeux.
C’est une peinture qu’il faut vivre, affronter en direct..

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Devant les toiles de Clément, on pense bien sûr aux premiers Expressionnistes du XX°siècle, et dans son cas , surtout à Munch, Nolde, Ensor ou Kirchner… mais, chez lui, pas de portée politique ou sociale, pas de narration d’un fait ou d’un instant.

On est en Italie du Nord, dans les années 70, les Minimalistes et les Conceptuels ont fait leur temps. Deux mouvements importants occupent  la scène avec un retour  à la Figuration, aux sources mythologiques, et à la peinture métaphysique : la TransAvantGarde et la Figuration Expressive dont Alain Guy Clément est un des membres reconnus.
Aujourd’hui, dans son atelier montalbanais, il perpétue cette tradition picturale essentielle et précieuse, loin du clinquant et de la futilité de  trop de créations contemporaines.

Le jour de l’ouverture , les oeuvres picturales de Clément ont été mises en relation avec des extraits d’oeuvres musicales  et   littéraires :

Jean Cazal a lu des textes de Clément, Dino Buzzatti et Jules Renard, choisis par l’artiste et accompagnés par le violoncelle de Camille Delbreil qui a terminé la soirée en nous offrant un récital Bach, Britten, Cassado.

Caractéristiques des tableaux  présentées dans ce blog :
- »Après le naufrage« .1984 (100/80cm). « La découverte du Monde ». 1988 (150/115 cm)
- »Homme-Nature » blanc – 2008 (150/115cm)
- « Homme-Nature » 2 verts- 2008 ( 150/115 cm)
- Série« Réflexion »- 2009 à 2015
Oie : 100/80. Vache :100/88. Chien: 100/80
- «  Autoportrait » . 1997; 54/65 cm