56a – Les Éditions Réciproques au 401

Le 11 novembre 2021, au 401,  les Éditions Réciproques  présentaient  à un public nombreux une de leurs dernières parutions:   le Silence des Pierres de Danielle Chevalier… suite de sa récente création plastique « Les Pierres de Thurso » et en regard de celles-ci.
Cf site: https://danielle-chevalier.fr/les-pierres-de-thurso/

L’équipe de direction des Éditions Réciproques
Geneviève André Acquier, Brigitte Acquier, Alixe André Acquer et Charlie

« Un “ Réciproque ”, c’est un petit ouvrage qui fait dialoguer les mots et les images, qui se lit, se regarde et se touche, qui a la forme et la couleur de son contenu. Un livre-objet réalisé dans la complicité des ateliers.
Danielle Chevalier a collecté 23 galets sur les plages de l’Écosse continentale et de ses différents archipels, et dans ce livre, « Le silence des pierres », elle nous propose de les faire parler, en mots d’abord, puis en images une fois que l’on soulève la page. L’ouvrage restitue le défi, ou le jeu, que l’artiste s’est lancé : retrouver dans les formes , reliefs et couleurs de chaque pierre , une scène possible de l’Histoire de la Représentation en Occident, avec tous ses grands thèmes comme la Vie Quotidienne, l’Histoire, les Mythes, les Religions…
                                                                                        Geneviève André Acquier

…et les pierres ont parlé …
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Ce livre d’art précieux – tiré  à 200 exemplaires numérotés et signés par l’auteur , accompagné d’une traduction anglaise de Mary Chalot, a été imprimé sur les presses d’Escourbiac(81) Graulhet en octobre 2020.
Un exemplaire se trouve à la Réserve Précieuse de Lausanne en compagnie d’une précédente édition du même auteur « Grand Amour », également réalisé par les Editions Réciproques)

Editions Réciproques
60 fg du Moustier 82000 Montauban Tel : 05 63 20 35 22 Courrielreciproques.editions@orange.fr

www.editionsreciproques.org

 

56b . « Le silence des Pierres » lu par André Mimiague

Eshaness ; Iles Shetlands : lieu qui a inspiré « L’Enfer » du Silence des Pierres 

Chère Danielle

Magnifique !

Quelle belle édition !

Soignée, ingénieuse, originale…

… et moi qui adore les cartes…

Justement ton ouvrage m’arrive alors que dans mes lectures récentes il y a des îles, des rivages, des plages, des phares, des embruns

et … des rêves écossais… oui – oui… des livres ivres d’air marin et …

ainsi commence l’un d’eux:

« Je traversais les îles Shetlands en auto-stop. Une Land Rover

s’est arrêtée . Le conducteur avait une quarantaine d’années, il portait une

combinaison bleu pétrole, sa barbe était tachetée de blanc. « Ou allez-vous ? »

m’ a t-il demandé d’une voix pleine de rouille et d’embruns… »

Cet ouvrage a pour titre « RÉVER DES ÎLES . Le voyage comme respiration

philosophique »  L’auteur Gavin Francis , écrivain-médecin-voyageur-écossais donnait des consultations sur quelques îles des Hébrides…

Les Hébrides… je venais d’y séjourner dans un bouquin de Peter May auteur de romans policiers (la série « chinoise » et sa « trilogie écossaise » !!…),

il  s’agit du polar « Les Disparus du Phare »! d’ailleurs dans ma série de lectures îlosophiques l’ultime est le journal d’un gardien de phare…
C’est donc dans cette ambiance iodée que m’est parvenu ton bel album… hé oui ! Il vient magnifiquement s’inscrire dans l’archipel de mes oniriques vagabondages de lectures maritimes étranges…

Et c’est à la loupe (comme Tintin sur une piste) que j’ai observé ces cocasses inventions graphiques… ces galéjades de galets galopins … ces visions gambillantes nées des ressacs…

Cela m’a remis en mémoire les roches de Rothéneuf : ce récit de récifs né sous le ciseau sculpteur rêveur de l’incroyable abbé défroqué « Fouré… l’énigmatique ermite de la Côte d’ Émeraude…

bon, voila que mon esprit vagabonde à nouveau du côté de Cancale, St Malo, Paramé et Dinard aux baigneuses de Picasso!;…

 

Merci, grand merci, Danielle pour ce grand livre aux galets chuchoteurs… comme coquillages de nos enfances…

André Mimiague

Iles Shetlands : Plage des Phoques de Sand

André Mimiague, peintre surréaliste de renom, est un des membres  fondateurs, dans les années 60, du mouvement bordelais : « Parapluycha » dont il présentera l’historique dans le livre : « Mémoires d’un Parapluycha » en 2018
Inventeur de l’étonnante et passionnante écriture « la Graphicha »,  il la révèle  au public  dans un magnifique opus en  2019.( imprimé par Pleine Page à Bordeaux).
-> Voir les articles  18-19-20 de ce blog

 

55 a – Luz Serrano Val au 401 – « C’est encore loin » ?

 L’artiste Luz Serrano au 401 . du 28 septembre au 20 Octobre 2019.

 
Luz Serrano est une enfant de la « Retirada ». Son père a écrit un très beau livre (Memorias de un hombre cualquiero) sur son parcours de jeune berger, qui, peu à peu , grâce à ses lectures,  son ouverture sur le monde, ses convictions humanistes, va devenir un républicain actif . Comme beaucoup, il fuira la folie franquiste, et s’exilera en France avec sa femme et leur fille de 
 2 ans : Luz .

Même s’il est évident que la production picturale de l’artiste  est imprégnée de ce parcours très singulier il serait dangereux de la lire à l’aune de ce seul paramètre.

 La peinture de Luz Serrano,  dès l’abord, happe le spectateur par   l’apparente liberté de ton, la technique magnifiquement maitrisée et le parti-pris figuratif… Mais elle trouble dans le même temps  parce qu’elle résiste à toute réelle interprétation.
Et si les éléments proposés 
changent peu, (des formes humaines adultes, une forme enfantine , des valises, la nuit, le départ, la marche), les procédés picturaux changent par contre sans cesse : les formats ( du 1F au 120 F),  le travail de la pâte: lisse, granuleuse, écrasée, fondue,  les rapports ombres-lumières très variés, les positions et emplacements des personnages, parfois en bord de cadre, tantôt tournés vers l’intérieur,  tantôt prêts à quitter l’espace, les nombreux brouillages et effacements …  et l’on se dit :  « mais que cherche-t-elle donc   ? « 

C’est sans doute dans le livre du père que l’on trouvera la réponse. En lisant les pages sur l’exil,   on comprend  un peu mieux ce qu’a vécu l’enfant dans les mots de son père. Luz avait un peu plus de 2 ans quand le terrible voyage a commencé :   séparation d’avec ses grands- parents,  divers logements d’attente en Catalogne,  grand départ enfin, en voiture d’abord, à pied ensuite, pour  transiter par divers camps de réfugiés, séparation d’avec le père, beaucoup de drames à surmonter. Pourtant dans la peinture de Luz Serrano, seuls survivent le départ et la longue traversée des Pyrénées à pied. Or pendant cette  semaine de marche, elle a vu des voitures et des chars que l’on précipitait dans les ravins, des soldats blessés qui tombaient et mouraient, des hommes affamés qui tuaient du bétail dans les prés , les dépeçaient, pour les cuire et les manger avec le groupe…, , un paysan apitoyé par la  très petite fille, lui offrant lait et nourriture , un autre  la portant dans ses bras pour alléger la mère: instants excitants ou moments traumatiques.

.. et elle ne peint rien de tout cela.

On parle du mystère de l’amnésie infantile. Du fait qu’à 2 ans l’accès au langage est insuffisant pour donner seul un sens aux événements, pour charger les images. D’ailleurs  comment des parents même aussi attentifs et aimants que l’ont été les siens, auraient-ils pu mettre pour elle des mots sur cette folie qui déchirait l’Espagne et résistait à toute logique… … C’est pourquoi, à mes yeux, ce que peint inlassablement Luz Serrano, ce ne sont même pas10 jours d’une vie, ce sont des ébranlements physiques, trop énormes pour sa constitution d’alors, des images illisibles, sans contours ni netteté, des faits incompréhensibles, des flashes intérieurs qui remontent et qu’elle tente d’organiser.
En fait,  elle peint inlassablement les effets bruts inclassables, et surement pour cela incontournables, d’à peine 10 jours de la vie d’une enfant de 2 ans.

Aussi, réduire les tableaux de LS à une chronique de la Retirada, même vue par des yeux d’enfant, c’est passer à côté de l’essentiel. Car, si, comme dit plus haut, cette peinture nous « happe » et nous trouble,   c’est parce  qu’elle a le pouvoir de nous entrainer  à notre tour dans cet en-deçà des mots, dans un total espace  de mystère.


Au 401 Septembre 2019

55 b – Braulio Serrano : le livre. Luz Serrano : petits formats


« Mémoires d’un homme ordinaire »,
Itinéraire d’un républicain espagnol

a été traduit en français,  daté, numéroté et signé  sous la direction de Bernard Valentini






« C’est encore loin ?  » , question lancinante d’une enfant à ses parents dans un moment de vie traumatique et
crucial. C’est le titre choisi par l’artiste comme lien entre les deux espaces d’exposition .
L’Atelier , par un ensemble de photos, de documents, et de manuscrits  rend hommage aux parents de Luz 
et au parcours de son père, Braulio, résistant espagnol. Il présente aussi les petits formats  de l’artiste.
La Galerie est consacrée à l’oeuvre peint de Luz Serrano, et  essentiellement les grands formats.  

 

 Aperçu  de l’accrochage… et quelques petits formats de l’Atelier



Bernard Valentini lit l’introduction qu’il a écrite pour la version française du livre et témoigne des multiples démarches qui ont précédé sa parution. Jean Cazal lit ensuite de courts extraits du livre,  choisis avec Luz.
Danielle Chevalier présente la peinture de Luz Serrano en compagnie de l’artiste.
Justine Mauvin, petit fille de l’artiste, enchantera ensuite  l’assistance avec un choix de textes  de L de Gongora, A Machado, F Garcia Lorca mis en musique par Paco Ibanez.


Au 401 Septembre 2019

54 – Les Rencontres d’Art. Montauban

L’ASSOCIATION « Les Rencontres d’Art  » a, pendant 44 ans, présenté à Montauban, sous la direction de son président Paul Duchein, des expositions d’Art Contemporain  

Les Montalbanais et plus largement les habitants de Midi-Pyrénées  curieux d’Art Contemporain, les enseignants et élèves des sections artistiques,  ont profité  d’un accès réel à la Création du moment,  à une époque où  tout se passait à Paris (les Abattoirs de Toulouse n’existant pas encore).  Enseigner à des lycéens la création artistique contemporaine imposée par les  programmes, mais  avec des outils tels que diapositives ou autres media, puisqu’il faut parler des « Grands » mais  sans pouvoir les confronter aux oeuvres réelles, à leur format, à leurs techniques… est , sinon une aberration , du moins un réel problème. A Montauban, chaque année, l’exposition montée par Paul Duchein permettait de combler en partie ce manque.
Les expositions de Paul étaient d’un genre que l’on rencontre, hélas trop peu. Peut-être même étaient-elles uniques. Les artistes internationaux, nationaux , locaux, célèbres ou méconnus, exposaient dans le même espace si le thème de l’année et la qualité du travail le justifiaient. Jamais de  hiérarchie  liée à la cote de chacun ou à son aura médiatique.

Pas de hiérarchie non plus dans les genres ou les tendances du moment. Brut , instinctif, savant,  figuratif, abstrait, bi- dimensionnel ou volumique, peinture, crayon, photographie, fils, matériaux de récupérations … il y avait de tout cela et ce n’était ni difficile ni illogique ni choquant de faire vivre ensemble  des personnalités si différentes. Au contraire, chacune s’enrichissait au contact des autres.

Des lycéens en formation artistique ont été sollicités pour travailler  sur le thème de l’année. Certains ont exposé leurs oeuvres au Musée près des oeuvres de Dubuffet , Bury, Calder, Combas, Miro, Niki de Saint Phalle…  , d’autres ont été invités à lacérer des affiches en compagnie de Villeglé…à créer une oeuvre avec lui, et l’impact de cette désacralisation des « grands » était un moteur immense : eux, lycéens, pouvaient aussi …

Paul a voulu faire découvrir à la ville les tenants de toutes les formes de la création . La dernière exposition des Rencontres d’art « Esprit de famille » en a été le témoignage …

 Cartons d’invitation des 2 dernières expositions


Au 401 Juin 2019