54 – Les Rencontres d’Art. Montauban


 

L’ASSOCIATION « Les Rencontres d’Art  » a, pendant 44 ans, présenté à Montauban, sous la direction de son président Paul Duchein, des expositions d’Art Contemporain  

.Les montalbanais et plus largement les habitants de Midi-Pyrénées  curieux d’Art Contemporain, les enseignants et élèves des sections artistiques,  ont profité  d’un accès réel à la Création contemporaine,  à une époque où  tout se passait encore à Paris (les Abattoirs n’existant pas encore).  Enseigner à des lycéens la création artistique contemporaine imposée par les  programmes, mais  avec des outils tels que diapositives ou autres media, puisqu’il faut parler des « Grands » mais  sans pouvoir les confronter aux oeuvres réelles, à leur format, à leurs techniques… est , sinon une aberration , du moins un réel problème. A Montauban, chaque année, l’exposition montée par Paul Duchein permettait de combler en partie ce manque.
Les expositions de Paul étaient d’un genre que l’on rencontre, hélas trop peu. Peut-être même étaient-elles uniques. Les artistes internationaux, nationaux , locaux, célèbres ou méconnus, exposaient dans le même espace si le thème de l’année et la qualité du travail le justifiait. Jamais de  hiérarchie  liée à la côte de chacun ou à son aura médiatique.

Pas de hiérarchie non plus dans les genres ou les tendances du moment. Brut , instinctif, savant,  figuratif, abstrait, bi- dimensionnel ou volumique, peinture, crayon, photographie, fils, matériaux de récupérations … il y avait de tout cela et ce n’était ni difficile ni illogique ni choquant de faire vivre ensemble  des personnalités si différentes. Au contraire, chacune s’enrichissait au contact des autres.

Des lycéens en formation artistique ont été sollicités pour travailler  sur le thème de l’année. Certains ont exposé leurs oeuvres au Musée près des oeuvres de Dubuffet , Bury, Calder, Combas, Miro, Niki de Saint Phalle…  , d’autres ont été invités à lacérer des affiches en compagnie de Villeglé…à créer une oeuvre avec lui, et l’impact de cette désacralisation des « grands » était un moteur immense : eux, lycéens, pouvaient aussi …

Paul a voulu faire découvrir à la ville les tenants de toutes les formes de la création . La dernière exposition des Rencontres d’art « Esprit de famille » en a été le témoignage …

 Cartons d’invitation des 2 dernières expositions


 

53 – Paul Duchein et ses amis artistes. L’Atelier du 401

L’atelier du 401 a été confié à Paul  Duchein qui y a présenté quelques-unes de ses créations et celles d’artistes amis aujourd’hui pour la plupart décédés.
La taille d’un blog ne permet pas de « profiter » de chaque oeuvre . Ici, le but est  seulement de rassembler tous ceux qui ont « fait » les Rencontres d’art. Ils sont donc tous nommés ( de G à Dr dans l’ordre de l’accrochage)


          F DESNOYER  –        DUCHEIN  -M DAUTRY/ J HÉROLD – F  LERIN – F de FAVERI. R  BIERGE/

                                                                                                        Y  MILLLECAMPS /A BRETON – C GEORGES –  G MATHIEU/- M  JANSON  .



                               O GOUDCOFF – J C  SILBERMANN./ DUCHEIN     –     André LABELLE/ DUCHEIN –              DUCHEIN

 A MONDIN – M MODREGO – J CLERTÉ – J  GUNAUD  — L  VIDAL – E  BABOULÈNE- O  DEBRÉ – DADO

MUR DE BOÎTES DE PAUL DUCHEIN


 

52 – Paul Duchein et ses amis artistes. La Galerie du 401

L’exposition présentée en juin  2017 au 401 est le prolongement de la dernière des 44 expositions des Rencontres d’Art montées par Paul Duchein au Musée Ingres. Elle s’intitulait  « Esprit de famille ».
Le 16 JUIN 2016 elle avait donné lieu à une fête-hommage à Paul avec  entre autre, le cadeau d’une boîte remplie de 33 créations au format A3, sorte de ruche confectionnée par Gilles Hornain contenant 33 cadres avec créations, chacune réalisée par un  participant à « Esprit de Famille ».
Le contenu de la boîte a été présenté dans la Galerie du 401  en regard, pour chaque artiste, d’une autre création de son choix.
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Au dos de la boîte : Geneviève ANDRÉ ACQUIER : livret souvenir des 44 expositions.
Dans la boîte ouverte : les  créations à consulter.


: Roland GARRIGUES Texte –  2et 2′ : Paul WERLIN –  3 : Odile CANGARDEL,
4 : Jean SUZANNE  –  5 : Hervé COUTON – 6 : Jacques Hue
7: Livret :Geneviève ANDRÉ ACQUIER


1 : Olivier DUCHEIN – 2 : Ryo TAKAHACHI –  3 et 3′ : Serge MARTIN ROBIN –  4: Jacques TISON .
5 : Paul DUCHEIN :Maquette de « la chaise de Madame Gonze ».
6 :  Jacques BRU –  7: Danielle CHEVALIER


1 : Marie France JEAN –  2 : Jean Pierre JUDA –  3 : JANI –  4 : Rosendo LI
 5 et 5′ : Christian ANDRE ACQUIER –  6 : Jean Michel MAUME



1 : Nacéra DÉSIGAUD –  2 : Alain Guy CLEMENT –  3 : Françoise BERTHELOT –
4 : Anne Marie CASTEL, 5 : Odile CARITEAU


51. ENRIQUE RAMIREZ

« Frente al rio las cosas del mar… » Maison du Port La Redorte  Aude.

L’installation occupe le 1° étage de la Maison du Port.
Quai de La Redorte. Aude

Au sol, une vaste estrade carrée de 30 cm de hauteur présentant des pièces de monnaie identiques  rassemblées sur un fond sombre, suggérant une carte géographique avec langues de terres avançant dans la mer.
Aux murs
-> 4 petits carrés de toile bleue, chacun pendu par deux pinces à dessin. Dans le bas du premier, un petit motif, brodé grossièrement avec un fil de  coton jaune, qui  évolue et se multiplie de carré en carré
-> une petite vidéo murale en fond de pièce
-> une feuille encadrée avec intervention de traces blanches sur fond gris

… 4 éléments  très disparates,  à première vue sans liens,  échappant volontairement à tout effet esthétisant … donc un ensemble plutôt déconcertant.

Là réside la force première de ce travail qui incite à une analyse plus poussée. Les éléments proposés, mais surtout les procédés choisis, font que  peu à peu les formes vont se charger de sens, se répondre, s’enrichir mutuellement , chemin semé d’indices, à suivre, à sentir, et surtout à éprouver.


blog ram. Voiles 2

 

-> Le petit élément brodé est maladroit, basique, bateau de dessin d’enfant : troué, traversé,  empreinte violente. Puis, de carré en carré, le « bateau » se transforme et se multiplie,  pour finir à 12 modules organisés en cercle et évoquant le drapeau européen.

blog Ram. argent

-> Les pièces qui brillent nous renvoient bien sûr à la notion « d’argent » mais présentent alternativement l’une ou l’autre face.  De près nous retrouvons le drapeau de l’Europe mais accompagné du mot « sin tierra » et  sur l’autre face,  une voile de bateau tout à fait lisible , bouleversée par des flèches menant dans des directions contraires et deux mots cette fois « mar » et « profundo »… L’argent prend alors un sens plus précis…

viideo Ramirez blog

La vidéo,  de taille modeste met à hauteur d’ yeux et comme en plongée totale, une séquence tout à fait hypnotique d’un « morceau »   de mer très agitée et de remous qui se brisent inlassablement sur une forme évolutive, allant du rocher affleurant à une masse blanche et allongée,  happée par les fonds.

ramirez blog craie

On  tombe alors  sur le dernier élément   où le seul mot «  mar » est écrit et répété dans une graphie hachée,  une organisation serrée, une sorte de foule entraînée  vers le bas et une absence de couleurs , donc de vie…

Bateau dangereux, voile mal tendue, Europe incertaine, multitude trop grande pour être comptée, individus « sin tierra » n’existant que par le prix de leur traversée, vents furieux, mer agitée, récifs, attraction vers le « profundo »      …   On quitte la salle assez « remués ».

(  Certes on pourra lire la feuille de visite offerte à l’entrée, apprendre qu’il y a 4820 pièces de monnaie -les 4820 migrants qui ont péri en Méditerranée en 2016 -, découvrir qu’Enrique Ramirez est chilien , fils de pêcheur , voguant enfant avec son père à une époque où l’on retirait du fond du Pacifique nombre d’opposants au régime de Pinochet … mais cette oeuvre plastique à l’efficacité évidente,  peut tout à fait se passer de ce plus informatif .

Comme une fois encore était abordé le problème des migrants,  j’ai souhaité présenter ici ce travail de la modeste maison du Port à La Redorte en contre-exemple de celui que j’avais évoqué dans le blog 51, accueilli, lui,  dans le prestigieux  écrin de l’Arsenal de Venise.

Le Frac Occitanie et le Musée des Abattoirs , dans le cadre des 80 ans de la Retirada, proposent une réflexion sur le statut de l’artiste en exil  : « Je suis né étranger », et un parcours le long du Canal du Midi : « Horizons d’eaux »


 

50 – Biennale de Venise. 2019. Général

Cette cuvée 2019 n’est pas enthousiasmante :

Les lieux d’exposition étant les mêmes et accueillant cette année beaucoup plus de paysbeaucoup plus d’artistes par pays, et  beaucoup d’artistes choisissant les installations, bavardes, hyper explicatives, multi médias… (vitrines à collections + sculptures + fosse pour vidéos immersives + panneaux explicatifs multiples…),  Arsenal et Pavillon International des Giardini sont saturés. Les oeuvres ne disposent plus d’espace suffisant pour vivre  et sont contaminées les unes par les autres. Plus rien n’est réellement lisible. Par ailleurs, de plus en plus de vidéos… de plus en plus longues… donc obligeant à juger d’entrée si, oui ou non, elles méritent le temps que l’on va y passer … et donc « y perdre »… ou pas… Tous ces phénomènes concourent à l’épuisement rapide du visiteur … et à sa frustration. Les grands sujets d’actualité ( climatiques, migratoires, politiques)  sont à peu près les seuls et le plus souvent traités de façon purement journalistique, sans recul, sans écart.


La violence extrême est sûrement la couleur dominante de cette année.Violence des images, excès des situations, déchaînement des sons. Machineries infernales…

Georges Condo

 La teneur générale est d’ailleurs annoncée dès l’entrée : un très grand tableau expressionniste, matièriste et noir/blanc nous accueille à la porte de l’Arsenal , un autre de même facture à celle du Pavillon International : oeuvres de Georges Condo (USA). Ici « Les deux ivrognes ». Plus grave, à mes yeux, ce que trop de médias présentent comme le clou de la Biennale : l’installation du bateau de migrants, naufragé en 2015 au large de la Lybie, et qui avait fait plus de 1000 victimes…  Nous le devons au suisse Christophe Büchel, qui s’est contenté de le faire transporter dans l’espace ouvert de l’Arsenal. Cette démarche, outre qu’elle n’a rien d’artistique, (même si l’on m’objecte  » l’urinoir  » de Duchamp), est pour moi répugnante et inacceptable.. et il est surprenant qu’aucun des organisateurs ne s’y soit opposé. De plus, contrairement à la réflexion de Duchamp, cette démarche va à l’encontre de ce qu’elle vise car la valeur d’usage  (terrible usage dans ce cas précis) d’un objet préfabriqué tombe dès lors qu’il est exposé dans un lieu d’art.  Pour devenir objet d’art…


         A L’OPPOSÉ  !!!

Pour ceux qui aiment beauté et délectation silencieuse, un lieu fort peu indiqué sur les programmes : le pavillon du Kazakhstan (Palazzo Dona Delle Rose. Fondamente nuove Cannaregio) . Il accueille des graveurs et sculpteurs contemporains soucieux de maintenir une continuité dans les sujets de type « tradition ethnique ». Belles aquatintes, eaux fortes, linogravures, lithographies et une extraordinaire et bouleversante  tête de cheval en bronze qui vaut à elle seule   le déplacement !! 

blog Kazak 1b-500

50. La violence
49. Gabriel Rico. Pavillon International
48. Adrian Ghenie/ Luc Tuymans
47.  Reza Lavassani. Pavillon de l’Iran.
46. Serwan Baran. Pavillon de l’Irak.
45. Jannis Kounellis. Fondation Prada