27 – Herman de Vries – Biennale Venise 15

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All ways to be to be ways

Dès l’entrée dans le pavillon hollandais,  on est happé par les magestueuses graminées présentées dans des boites-cadres face à nous et par l’odeur entêtante du cercle impressionnant posé au sol et constitué d’une multitude de boutons de roses séchées.
Plus loin des troncs noirs de bois calciné, des fragments de minéraux présentés comme de fragiles sculptures au sommet de longs socles de bois les rapprochant de notre regard, un immense nuancier de poudres d’ocres…

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Herman de Vries conjugue constamment l’effacement de soi, dans le seul souci de présenter la Nature dans sa  pureté originelle, et le grandiose  dans les moyens qu’il met en oeuvre pour y parvenir. A l’opposé des Land’artistes, il ne cherche pas à intervenir sur le milieu naturel ni à y laisser sa trace. Il se contente d’une collecte besogneuse et exhaustive de tous types d’éléments qui composent et spécifient un lieu . Une sorte de biotope. Et ce cabinet géant de  naturaliste crée un espace de lumière, de paix et de beauté.
Peut-être aussi de recueillement.
Dans un deuxième temps  on s’approche d’un mur plus complexe et moins évident. Il est entièrement recouvert  d’une multitude de cadres identiques présentant une quantité impressionnante de très petits éléments regroupés par thème, couleurs, formes ou tous types de qualités autorisant le  rapprochement. On comprend alors seulement   qu’il s’agit de la lagune de Venise et de collectes dans ses diverses îles.

…  feuilles, algues, écorces, bois flottés, graines,  épines, racines, galets, cailloux, sable, os, coquiles et coquillages, plumes, … mais aussi, car il n’est pas naïf, fragments de poteries, bouts de verres regroupés par couleurs ou en mélanges subtils, cordages salis par le goudron, éléments métalliques agressifs, pointes et clous, bouts de filets de pêche, vieux plastiques déchirés…
Bien sûr  on peut y lire la grande industrie des verriers de Murano, l’intense trafic maritime… mais tout est présenté déchiqueté, digéré par une Nature finalement toute puissante qui avale, transforme et dégorge en petits tronçons magnifiques et précieux.
Tout cet archivage est organisé avec  soin, poésie et respect. A chaque planche on sent l’attention portée aux regroupements et organisations mais bien plus le plaisir enfantin de l’appropriation de petits trésors et le goût de la relique.
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La place de l’homme dans ce grand tout est cependant pointée telle que la conçoit de Vries : une photo de lui, nu, accroupi au bord d’un torrent de montagne et un rectangle au sol où est présentée une collection de l’outil d’avant l’industrialisation: la faucille.

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Herman de Vries expose  également au L.A.C  ( Lieu d’Art Contemporain ) de Sigean un ensemble d’oeuvres qu’il nomme ‘L’Art Zéro ».
L’exposition est visible jusqu’au 13 septembre, tous les après-midi – sauf  le mardi – de 15 H à 18 h – et sur RV au 04 68 48 83 62.
L.A.C. Hameau du Lac – 1 Rue de la Berre – 11130 – SIGEAN