33 . Les Jardins d’Erasme

Le jardin des Maladies.

En 1521, Érasme passe cinq mois à Anderlecht, près de Bruxelles, chez son ami le chanoine Pierre Wichmans.
Aujourd’hui le bâtiment baptisé « maison d’Erasme » est transformé en musée. Livres anciens et objets d’art nous transportent dans le monde intellectuel de la Réforme.

Mais l’intérêt du lieu réside essentiellement dans l’aménagement de deux jardins contigus nous renvoyant avec poésie, humour et tendresse à la personne même d’Erasme ( corps et esprit) :
Le jardin des maladies d’Erasme et Le jardin philosophique.

 

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Le jardin des maladies d’ Erasme, conçu à l’aide de plusieurs lettres–diagnostiques de ses médecins, présente un portrait « botanique »  de l’écrivain, à travers 100 plantes utilisées pour le soigner soit de son hypocondrie soit de maux réels tels que peste, calculs au rein, dysenterie, maux de tête, etc…

Trois maladies 500

La potentille rampante -> la goutte – La pivoine officinale -> la diarrhée – Le houblon  -> excès de bière et de vin.

Quatre maladies 500

Le citronnier -> anti vomitif – La marguerite ->  purgatif (ventre noué) -La verveine sauvage ->  céphalées — Le mors du diable ->  la peste.

Le Jardin Philosophique

Le Jardin philosophique est lui aussi un portrait, mais cette fois de l’intellectuel humaniste. Outre des massifs, non plus carrés, mais en forme de feuilles symbolisant l’essence d’arbre la plus fréquente dans chaque pays visité et contenant les plantes caractéristiques du même pays, l’espace a été investi par quatre artistes invités. Chacun a créé une oeuvre en lien avec les pensées ou les écrits d’Erasme.

« Les larmes du ciel »  .  Marie Jo Lafontaine

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Ubi amici, ibi opes (« Là où sont les amis, là est la richesse »)

« Les larmes du ciel » sont matérialisées par 7 bassins remplis d’une eau / miroir grâce à un fond plat recouvert de gravier sombre. Dans chacun,  sous la surface de l’eau, on peut lire une phrase latine ( extraite du livre d’Erasme « Adages ») . Les lettres fragiles, en métal, se mêlent aux reflets des arbres et du ciel incluant le visiteur dans ce dispositif poétique.

adage 33

Aut regem, aut fatuum nasci oportere (« Il faut naître ou roi ou bouffon »)

adage 32

Difficilia quæ pulchra (« Les belles choses sont difficiles »)

Les « Loci  » .  Catherine Beaugrand

Les Loci sont des espaces (sculptures) de taille modeste dispersés dans le jardin , chaque « locus » proposant un arrêt réflexif lié au dispositif particulier qui le compose et que l’artiste nomme « genius loci » (génie du lieu).


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« Cambra » . Perejaume

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« Cambra » est une ébauche de gloriette destinée à faire ressentir «physiquement» l’opposition  Ciel / Terre. A cet effet la« boîte », faite pour un corps debout, est exiguë  et haute, avec une entrée étroite. Entièrement composée de lentilles oculaires et de morceaux de verre à vitrail, elle déforme  totalement la vision du monde terrestre, mais dans le même temps s’ouvre sur le ciel.

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Ce travail renvoie au lieu de quarantaine décrit par Erasme dans « Le banquet religieux

« Volcan de vie ». Bob Verschueren

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Au centre du jardin, Bob Verschueren a installé son « volcan de vie » .
Une excavation douce, à deux niveaux circulaires tapissés de tuf, nous invite à la pénétrer pour une sorte de purification initiatique :  en son centre, une souche de hêtre remplie d’une eau vive qui  s’écoule lentement en colonisant peu à peu des mousses.

Musée de la Maison d’Erasme .  Rue du châpitre 31 Kapittelstraat. Bruxelles 1070