Catégorie : TRADITIONS

41 – Biennale . Venise 2017

Le temps ayant décanté le flot des sons et des images, restent des petits coups de coeur, moments de plaisir plus ou moins durables… et des créations qui marqueront, qui ont ému et parlé dans le même temps, sans nécessaire lecture de texte explicatif, et sur lesquelles on aura envie de revenir pour creuser, réfléchir… et que l’on aimerait faire partager dans les pages suivantes.

Dans la première catégorie :

1 Au Palais Fortuny, dans l’exposition intitulée Intuition un tout petit moment très fort : le rapprochement d’une statue de la Renaissance ( Anne apprenant à lire les Ecritures à sa fille Marie ) et d’une sculpture d’Anish Kapoor mettant en scène par un vide circulaire blanc/blanc la notion de limite et dans ce cas d’illimité.

Fortuny


2. Le Pavillon d’Israel. Artiste : Gal Weinstein
( né en 1970  en Israel )

Une demeure désertée où les moisissures montent peu à peu à l’assaut des murs, et,  à l’étage,  ce qui pourrait être un engin de guerre noyé dans un nuage de mousse… évoquant ceux que journaux et autres médias nous ont appris à reconnaître : explosions et bombardements. Mais aussi la beauté du dépouillement et l’odeur de marc de café, matériau utilisé sur les murs.

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3. Le Pavillon de Singapour. Zai Kuning
(né à Singapour en 1964 )

Un très beau symbole de l’histoire du pays et de son riche passé maritime et culturel : une immense carcasse de nef en osier tressé, arrêtée dans sa course et dont les cordages sont retenus au sol par le poids de livres protégés par une gangue de paraffine.

Singapour

 


4. Dans le Pavillon International : Cyprian Mureçan
( né en Roumanie en 1977 ) : de très beaux dessins où par un recouvrement compulsif et réjouissant de tracés très habiles CM questionne les tableaux de maîtres, dans un désir double, semble-t-il : hommage et appropriation critique.

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5. Stephen Chambers. Grande Bretagne.
The court of Redonda au Musée Ca’Dandolo.

Une île imaginaire dans les Caraïbes, une population tout aussi imaginaire mais surtout une peinture figurative très élégante et personnelle.

Chambers

Dans la 2° catégorie :

37 : Dirck Braeckmann
38 : Nadine Hattom et Sakar Sleman
39 : Wong Cheng Pou
40 Geta Bratescu
41 : Shirin Neshat
42 : Zad Moultaka

38 – Wong Cheng Pou . Venise 17.

« A Bonsaï of my dream » . Pavillon de Macao 

Accueillis dès le perron par un cochon souriant, yeux fermés, rempli de souillures et à la morphologie très éloignée des standards occidentaux, on pressent avec plaisir que l’on va cette fois voyager dans une culture et un parti-pris plastique éloignés des nôtres.

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Le  bonsaï , espace  miniaturisé,  symbole  de  paix et d’harmonie entre l’homme et la nature dans la Chine ancienne,  aidait les moines dans leur méditation . Le bonsaï  de Pou c’est sa méditation sur un monde qui n’est plus.  Le sien, celui de son enfance.  Qu’il rend moins cruel à ses yeux et aux nôtres  par le truchement de la fable et du merveilleux.
Des petits personnages mi-hommes, mi-dieux,  clownesques et souriants s’activent à des travaux ancestraux, bizarrement vêtus, traversant les cloisons,  sculptures blanches et lisses…

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D’autres, de taille inférieure, petits monstres rêveurs de contes … à deux têtes,… sans buste,… visages  endormis, dotés d’un bec, nous regardent entrer…

 

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Figures que l’on retrouve aussi sur papier glacé, s’effaçant lentement, photos-peintures vieillies, mangées par le temps. Peu ou pas de couleur , c’est le monde des songes.

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Deux très longues bandes jaune  verdâtre, acide et fluorescent , apportent la seule couleur et la seule lumière de la pièce, irréelle et quasi insupportable.

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Mais aussi deux  éléments bien réels dont la symbolique n’apparait pas d’emblée : un petit tas de terre dans un angle et un filet de pêche jeté sur un des petits monstres, dans l’angle opposé, tous deux aussi incongrus qu’inutiles . La paysannerie, la pêche. Un monde disparu.

28 – Rosana Palazyan – Biennale Venise 15

Le « pavillon » de la diaspora arménienne : « Armenity », représenté par 18 artistes, a été très logiquement accueilli sur l’Ile San Lazzaro degli Armeni.  Il a reçu la récompense suprême : le Lion d’or.

Le travail le plus remarquable et le plus émouvant, mais aussi le plus modeste, est celui de Rosana Palazyan. Sa première création est une vidéo intitulée « Una história que nunca mais esqueci ». L’artiste, en partant de l’histoire d’une seule famille – la sienne – et peu importe qu’elle soit réelle ou approchée – nous plonge sans mièvrerie ni mélo dans le drame global d’un peuple qui a dû fuir. Non seulement elle ne dévie jamais de la sphère intime, mais elle choisit des outils et matériaux dérisoires et magnifiquement adaptés : ceux de l’errance et de la précarité, ceux que l’on pourrait emporter avec soi.
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Una historia que nunca mais esqueci… ( A story I never forgot )

Les images défilent dans le rond d’une petite lumière vacillante  sur un large espace d’ombre : le fond d’une tasse à café où des grains de marc se seraient rassemblés pour dessiner toute une file en marche, endiguée par des policiers armés, des tâches de café sur un morceau de tissu, des corps emmêlés ou un homme pendu sculptés dans un fond de pâte à tarte ou dans de la mie de pain, un bateau en papier qui bouge sur quelques traits de crayon bleu, et surtout, sur des petits mouchoirs brodés, les menus événements de l’installation dans le pays d’accueil – le Brésil – où la grand-mère de l’artiste enseignait la couture : scènes de  mariages, naissances, vieillesse…

Porque Daninhas ? ( Why Weeds ? )

La deuxième oeuvre de Palazyan est aussi émouvante et occupe le pourtour du jardin du cloître: des planches d’un grand herbier qui présenterait toutes les mauvaises herbes du jardin, celles dont on doit se débarrasser. La plante est une réelle plante séchée mais ses racines sont en cheveux- ceux de l’artiste, qui a une longue chevelure noire -. Brodés sous la plante,  ils la nomment et donnent ses caractéristiques de nuisible.

13. Asie Centrale. Venise 2013.

  « Winter » au Palais Malipiero.

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Kazakhstan . Kamilla Kurmanbekova et Erlan Tuyakov. « Zhol »

Une longue architecture de roseaux et de soie, réinterprêtation de la yourte,  oblige le visiteur à éprouver le chemin circulaire de la vie nomade  s’il veut accéder au reste de l’exposition.

 

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Kirghisistan. Aza Shade. « The Disappearing City »

La vidéo muette met en scène un conflit de génération:  l’émancipation des jeunes est freinée par le poids d’une tradition à maintenir pour des raisons économiques, le touriste recherchant avant tout le folklore local.

 

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Ouzbékistan : Saodat Ismailova : « 40 days of silence » (Vidéo)

Dans la tradition ouzbèque, les femmes , à un moment douloureux de leur vie, faisaient un vœu de silence qui durait 40 jours et que les autres femmes de la maison respectaient et protégaient.

 

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