28 Magdalena Abakanowicz – Biennale Venise 15


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  »Crowd and individual »

Saisissement en entrant dans l’espace très sombre où Magdalena Abakanovicz a  installé ses sculptures de toile de jute raidies par des boues rouges. Une foule en marche, venue du fond des âges, sorte d’archétype de ces humains que nous croisons au long de notre existence. Adultes ou enfants, décidés, projetés en avant ou  arrêtés dans leur course. Des coques vides, des demi-coques même,  parfois tournées vers nous : ceux que nous croisons , parfois  inversées : ceux que nous suivons, doublerons,  sans nous retourner pour voir leur visages; des coques entières aussi , tantôt sans tête- ceux avec qui nous avons échangé trop peu pour garder le souvenir d’un visage, d’un mot,  d’autres enfin avec leur tête et même,  parfois, des expressions, et on tente de découvrir une personnalité, une intention de l’artiste, une attention particulière portée à chacun.
Et cette foule, on ne le voit qu’après coup, avance vers une seule forme, opposée, placée près de l’entrée, mais positionnée comme nous l’étions, lorsque nous sommes entrés, et qui pourrait être chacun de nous… forme ramassée sur elle-même, ne ressemblant à rien de connu, mi-animale, mi-humaine, ni vraiment effrayante ni pour autant rassurante… juste inconnue et à déchiffrer.

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Magdalena Abakanovicz , née en 1930 près de Varsovie, est une artiste polonaise . Elle expose les 101 figures de « Crowd and Individual » salle Carnelutti. Fondation Giorgio Cini. Ile de San Giorgio Maggiore. Biennale de Venise 2015.

L’île de San Giorgio regorge de belles trouvailles : deux oeuvres de Jaume Plensa, une monumentale et légère dans l’église, une autre  dans un espace très proche de « Crowd and Individual », présentée comme un pendant inversé:  une étonnante file de têtes de fillettes en marbre blanc.
Plus à l’Est de l’ïle une exposition d’objets finlandais en verre, et, dans un espace en plein air de type jardin japonais, le « salon de thé Mondrian » d’ Hiroschi Sugimoto.